Témoignage personnel
Évolution de la gestion des commotions avec la Dre Angela Carol
Les étudiants de McMaster pour la Fondation Héritage pour les commotions cérébrales explorent l'évolution de la gestion des commotions au fil des ans, avec les perspectives de la Dre Angela Carol sur les protocoles changeants, les nouveaux outils diagnostiques et les défis uniques du traitement des commotions dans les populations vulnérables.
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Il serait difficile de trouver un organe plus complexe que le cerveau — une masse fripée de tissu électrisé responsable de chacune de nos pensées, actions et émotions. Nous y prêtons rarement attention, préférant le laisser travailler en notre nom… jusqu'à ce que quelque chose tourne mal. Peut-être avez-vous glissé dans une allée glacée, ou fait une chute sur les pistes. Quelle qu'en soit la cause, le résultat est probablement le même : un traumatisme crânien (TC). Soudainement, votre cerveau travailleur peine à suivre, et vous devez faire face aux conséquences.
Un TC survient lorsqu'il y a un choc violent, un coup ou une secousse à la tête ou au corps, ou lorsqu'un objet perce le crâne et pénètre dans le cerveau. La forme la plus courante de TC est le TC léger (TCL), également connu sous le nom de « commotion cérébrale ». Le cerveau « flotte » dans le crâne dans un liquide protecteur, ancré à sa base à votre moelle épinière. Lorsque la tête bouge rapidement, le cerveau peut heurter le crâne, ce qui peut causer une commotion. Certains symptômes d'une commotion peuvent inclure des maux de tête, de l'irritabilité et de la fatigue [1].
Les étudiants de McMaster pour la Fondation Héritage pour les commotions cérébrales ont rencontré la Dre Angela Carol, médecin au Hamilton Urban Core Community Health Centre à Hamilton, en Ontario. Elle nous a partagé ses réflexions sur l'évolution de la gestion des commotions cérébrales, ainsi que les défis liés au traitement des commotions chez les personnes en situation d'itinérance.
La Dre Carol nous a indiqué que la façon dont les professionnels de la santé traitent les commotions a évolué au fil de leurs apprentissages. Il y a dix ans, le port du casque n'était même pas obligatoire pour les jeunes lors du patinage artistique. Auparavant, on réveillait aussi les enfants qui s'étaient frappé la tête, car on croyait qu'ils risquaient de mourir dans leur sommeil. Nous savons maintenant que cette pratique n'est pas nécessaire; en fait, elle est probablement nuisible, car nous perturbons le sommeil de l'enfant pendant une période clé de la récupération.
Nous adoptions également un protocole de repos strict pour traiter les commotions. On disait aux patients de s'asseoir dans une pièce sombre jusqu'à ce que leurs symptômes s'améliorent. On croyait que protéger les patients des environnements trop stimulants empêcherait l'aggravation de leurs symptômes, permettant à leur cerveau de récupérer. Cela limitait également leur risque de subir des commotions secondaires, dont les symptômes sont souvent pires que la blessure initiale.
Cependant, de nombreuses recherches ont montré que des périodes prolongées de repos strict peuvent retarder le processus de récupération [2]. Au lieu de cela, les cliniciens conseillent maintenant aux patients d'adopter une approche progressive, en leur permettant graduellement de reprendre leurs activités habituelles tant qu'elles n'aggravent pas leurs symptômes [3]. Chez les adultes, des recherches ont suggéré qu'une activité physique lente et contrôlée, comme la marche ou le vélo stationnaire en dessous du seuil de symptômes, peut aider à la récupération [4]. Aujourd'hui, on croit généralement qu'après 24 à 48 heures, l'intégration de l'exercice peut aider quelqu'un à récupérer plus rapidement [4].
La Dre Carol nous a également informés que les commotions ont longtemps été sans tests diagnostiques objectifs. On se fiait uniquement aux symptômes des patients pour guider notre prise en charge. Au cours des dernières années, nous avons mis en place des tests plus objectifs, comme le Buffalo Concussion Treadmill Test (BCTT) chez les adultes, un protocole d'exercice gradué [5]. Lorsque l'athlète complète le BCTT sans aggraver ses symptômes, il peut commencer son retour au sport. Le retour au sport comprend l'introduction d'activités spécifiques au sport sur une période prolongée avant que l'athlète puisse à nouveau compétitionner. Outre le BCTT, la Dre Carol nous a informés que les médecins ont commencé à utiliser la neuroimagerie pour guider la prise en charge. Par exemple, si un enfant a des résultats positifs en neuroimagerie, il devrait prendre au moins trois mois de congé des sports de contact [6].
L'un des outils les plus puissants pour lutter contre le fardeau associé aux TC est aussi l'un des plus simples : la sensibilisation et l'éducation. Savoir ce que sont les TC, qui ils touchent et comment ils se manifestent sont des moyens simples de s'assurer qu'ils sont adéquatement pris en charge. Les données démontrent une prévalence croissante des TC au Canada, justifiant des efforts dédiés pour enrayer ce que certains ont qualifié d'« épidémie silencieuse » [7].
Les étudiants de McMaster pour la Fondation Héritage pour les commotions cérébrales espèrent faire partie de la solution. En tirant parti de notre formation médicale et de nos liens communautaires, nous espérons accroître la sensibilisation aux TC au sein de la communauté étudiante de McMaster et de la région de Hamilton. Si vous souhaitez nous contacter, veuillez nous écrire à [email protected] — nous serions ravis de vous entendre!
Références
- Tator, C.H., Concussions and their consequences: current diagnosis, management and prevention. CMAJ, 2013. 185(11): p. 975-9.
- Silverberg, N.D. and T. Otamendi, Advice to Rest for More Than 2 Days After Mild Traumatic Brain Injury Is Associated With Delayed Return to Productivity: A Case-Control Study. Front Neurol, 2019. 10: p. 362.
- Harmon, K.G., et al., American Medical Society for Sports Medicine position statement: concussion in sport. Clin J Sport Med, 2013. 23(1): p. 1-18.
- Haider, M.N., et al., Exercise for Sport-Related Concussion and Persistent Postconcussive Symptoms. Sports Health, 2021. 13(2): p. 154-160.
- Haider, M.N., et al., The Predictive Capacity of the Buffalo Concussion Treadmill Test After Sport-Related Concussion in Adolescents. Front Neurol, 2019. 10: p. 395.
- Recommendations for Return to Contact Sport After Multiple Concussions. 2018. Disponible à : https://canchild.ca.
- Buck, P.W., Mild traumatic brain injury: a silent epidemic in our practices. Health Soc Work, 2011. 36(4): p. 299-302.

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